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Musée de l'Érable

Fabrication des produits de l'érable au Québec.

À l'Érablière du Lac-Beauport, un musée vous permet de faire une excursion dans le temps. Des scènes et des sites reconstitués avec des éléments d'époque vous feront découvrir l'histoire de la fabrication des produits de l'érable au Québec.

Première époque

Les Amérindiens - Avant 1700

Les amérindiens savaient, avant l'arrivée des premiers colons, extraire la sève de l'érable et la concentrer. À l'approche du printemps, ils entaillaient les arbres en biais, au tomahawk. Ils inséraient ensuite sous l'entaille un éclat de bois qui acheminait la sève dans un auge ou un mokuk, récipient d'écorce de bouleau déposé sur la neige au pied de l'arbre. La sève était ensuite bouillie dans des chaudrons d'argile. Pour faire bouillir l'eau, les Amérindiens y jetaient parfois des pierres rougies au feu. Ils obtenaient ainsi une petite quantité de sirop noir et épais. Ils se servaient du sirop et du sucre pour assaisonner leur nourriture.

Une légende raconte comment les Amérindiens auraient appris le secret de cette fabrication. Un matin de printemps, un Amérindien entaille par accident l'écorce d'un érable en manipulant son tomahawk. Il constate soudain que l'entaille coule. Une bûche creusée se trouve par hasard au pied de l'arbre et l'eau dégoutte dans la bûche. Une amérindienne, croyant trouver de l'eau ordinaire, emploie la sève pour cuire son gigot. À la fin de la cuisson, le gigot est délicieusement sucré.

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Deuxième époque

L'arrivée des colons - 1700

Les premiers colons apprirent des Amérindiens la fabrication du sucre d'érable.

Aux environs de 1800, l'habitant se contenta de substituer des pots de fer ou de cuivre aux récipients d'argile ou d'écorce et il continua à entailler les arbres à la hache. Armé d'une gouge, il fichait au-dessous de l'entaille une petite goutterelle de bois, de manière à ce qu'elle pût recevoir l'eau sucrée suintant de l'arbre et la laisser tomber goutte à goutte dans l'auge placée directement au-dessous.

La goutterelle était en fait un éclat de cèdre de six à dix pouces de longueur. Le colon transportait ensuite la sève jusqu'à un point central, dans des seaux ou baquets, à dos d'homme, au moyen d'un joug ou bricole. Les raquettes étaient indispensables. Il faisait bouillir la sève dans de gros chaudrons de fer suspendus à une brimbale de bois ou étemperche, une crémaillère improvisée faite de branches d'arbres.

Dans Les Rapaillages, l'abbé Lionel Groulx se rappelle les sucres de son enfance, vers 1885: "... les longues et interminables soirées de la sucrerie, alors, qu'assis au bord de la crémaillère devenue très rouge dans la nuit, nous attendions, en surveillant les grandes marmites, l'achèvement du sirop."

Sans abri, exposés au soleil, à la pluie ou à la neige, aux cendres et à la fumée, aux feuilles, aux mousses et aux morceaux d'écorces balayés par le vent, les produits d'érable obtenus de cette façon rudimentaire avaient un goût fort, une couleur foncée, et leur qualité était très variable. Une vieille photo hypertexte (cliquable) illustre cette époque."

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Troisième époque

Perfectionnements - 1885

Les premiers perfectionnement surviennent vers 1885. La tarière ou le vilebrequin supplante la hache dans l'entaillage des arbres, puis le seau ou baquet remplace le casseau d'écorce de bouleau ou l'auge en bois taillée à la hache. L'eau est déversée dans de gros baquets de chemin faits de bois de bouleau. On utilise souvent un petit traîneau tiré à bras d'homme pour les ramener près du feu.

Au chaudron on substitue la casserole (bouilloire ou panne) placée sur une base de roches. Cette casserole deviendra plus tard l'évaporateur moderne, à fond plissé, et à compartiments séparés. La cuisson se fait de plus en plus sous un abri de planches ouvert au moins du côté sud.

Les pains de sucre, jusque là moulés en blocs, prennent des formes plus recherchées grâce à des moules en bois.

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Quatrième époque

Modernisation - 1915 à nos jours

Pour ménager les arbres et assurer la propreté de l'opération, on abandonne vers 1915-1930 le chalumeau, le seau et la tonne (le tonneau de mélasse vide en bois) pour les remplacer par du métal. Pour faciliter le transversement du tonneau dans la tinque ou réservoir et de là à l'évaporateur, les sucriers utilisent la loi de la gravitation. Le ganoué, une élévation sur laquelle monte le boeuf puis plus tard le cheval attelé au traîneau (la chienne à l'eau), facilite cette opération. Le fermier fait bouillir à l'intérieur d'une cabane à sucre munie de quelques commodités: vieille table, chaise de lâche et ustensiles de cuisine. Une ouverture rectangulaire au centre du toit permet à la vapeur de s'échapper.

Cette ouverture, coiffée elle-même d'un petit toit surélevé, est protégée de chaque côté par des panneaux ouvrant. L'ensemble, appelé lucarne ou halevapeur, donne à nos cabanes à sucre leur allure typique.

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Textes:

Raoul Carrier, 20-03-97

Sources:

La saison des sucres au Québec, Ministère des Terres et Forêts du Québec.
Le sucre d'érable Ministère de l'agriculture, Ottawa. 1913.
Le sucre du pays, Jean-Claude Dupont, Leméac. 1975.
L'acériculture au Québec, Ministère de l'agriculture. 1967.
Jean Rivard, A. Gérin-Lajoie, Beauchemin, 7ème édition. 1945.