Les sucres de nos jours

Par Raoul Carrier

ÉQUIPEMENT MODERNE

Cueillette autrefois

Dans les débuts, la cueillette se faisait à la main, à bras d'homme. À l'aide d'un cheval tirant un traîneau et d'une barrique de bois, on transvidait les seaux pour le transport. L'évaporation du surplus d'eau jusqu'à obtention d'un liquide jaune doré se faisait sur un feu de bois à air libre. Par la suite les cabanes à sucre apparurent.

Avec l'utilisation de la ferblanterie, des améliorations importantes se firent sentir. Les récipients passèrent du bois au fer soudé. Les chaudrons suspendus au dessus du feu devinrent des évaporateurs efficaces. C'est par la découverte de présence de plomb dans le sirop qu'une vaste campagne de remplacement des chaudières commença. En 1950, l'échange contre les seaux d'aluminium était terminé.

DeNosJours01.jpgTubulure

Vers le milieu des années 70, une nouvelle technique apparue ; la collecte par tubulures sous vide. Des tubulures sont fixées aux érables par des chalumeaux de plastique. Les tubes sont reliés à la cabane par d'autres de plus grandes tailles. L'eau circule grâce à une pompe qui crée un vide dans le réseau .

Comparativement à l'ancien système, il y a de multiples avantages . Le rendement global est accru puisque l'eau peut commencer à être recueillie à 40 ° F comparativement à 45 °F avec les seaux. Autres bienfaits à noter, son besoin de main-d'œuvre est réduit grâce au temps économisé lors de la cueillette.

Avec l’avènement des conduits tubulaires, plus besoin de faire la cueillette de l'eau d'érable à la main. Plus besoin de seaux, tonneaux, chevaux ou tracteurs, plus besoin d’une main-d’œuvre abondante ! L’eau d'érable va directement de l’arbre aux réservoirs d'entreposage, grâce à un réseau ramifié de petits tubes de plastique qui relient chaque chalumeau à un système de succion sous vide appelé sysvac (system de vacuum). Il démarre automatiquement dès que la température est assez élevée pour une coulée. Aujourd’hui, un seul homme peut s’occuper de plusieurs milliers d’érables alors qu'il en fallait cinq ou six auparavant.

DeNosJours02.jpgOsmoseur

Appareil de concentration de la sève d'érable par osmose inversé.

Depuis quelques années, on applique à la culture acéricole un procédé de filtration par osmose inversé. Cette technique était déjà utilisée pour la dessalaison de l'eau de mer. Le principe est relativement simple. Une première pompe d'alimentation force la sève à travers un premier filtre. Une seconde pompe beaucoup plus puissante force cette fois l'eau d'érable pré-filtrée dans l'appareil dit d'osmose inversé.

Ce sont des membranes semi - perméables qui agissent comme des filtres moléculaires retenant les sucres et laissant passer l'eau. Il est possible l'éliminer ainsi 80% de l'eau. Sans l'osmose inversé, c'est de 40 à 50 litres d'eau qui sont nécessaires pour obtenir un litre de sirop contre 8 à 10 litres avec de l'eau filtré. Le résultat est une économie de 50 à 60 % des coûts de combustibles nécessaires à l'évaporation.

DeNosJours03.jpgÉvaporateur

Appareil servant à évaporer l'eau contenue dans la sève d'érable et à concentrer cette dernière en sirop.

DeNosJours04.jpgSpectromêtre

Appareil destiné à comparer les intensités des radiations simples de deux sources et dont on se sert pour classer le sirop d'érable.

DeNosJours05.jpgThermomètre électrique

Pour la plus grande précision dans les procédés de transformation.